Dr Dre : Detox digne d’un Chronic 2011 ?

Alors que depuis quelques jours une vidéo tourne sur internet concernant un nouvel extrait, ou non, du prochain album de Dr Dre, il était temps pour nous de revenir sur les deux premiers singles officiels tirés de Detox. Le prochain (et dernier ?) album du superproducteur US annoncé depuis presque 7 ans et sans cesse repoussé semble plus que jamais proche de sortir (annoncé en février puis en avril et enfin en mai). Celui qui a fait bouger une génération entière avec ses deux premiers albums est attendu avec impatience. La mort de son fils et la déprime qui s’en est suivi expliquent une partie du retard de ce nouvel opus.
Alors que la liste des featurings ne cesse de s’allonger et de faire baver tous les amateurs de HipHop (Nas, Jay-Z, Beyoncé, 50 cent, The Game, Ice Cube, Snoop Dogg, Eminem…), Dr Dre peaufine et ajuste ce que l’on espère être un nouveau classique du Rap Américain et donc mondial.
Le premier extrait, KUSH, dévoilé en décembre est une première réponse à tous ceux qui disaient le Docteur incapable de refaire un son bien lourd. L’instru du morceau est à la mesure du talent du Monsieur, un bon gros beat, quelques notes de piano et des basses que le voisin du dessous risque de ne pas apprécier à leur juste valeur. Côté featuring, on retrouve ce bon vieux Snoop Dogg qui n’a rien perdu de son flow planant et… Akon ! C’est là que ça coince un peu, à l’époque on aurait eu un refrain de Nate Dogg, un truc bien chantant qu’on aurait appris par cœur pour se la raconter en boite ou au feu rouge. A la place on a un refrain, chanté certes, mais qui enlève tout le côté West Coast et Old School de ce qu’avait le morceau. Ah si, on trouve aussi un faux Nate Dogg, pas très bien imité mais qui fait en sorte de nous redonner ce balancement de tête après l’interlude « Akonienne ». En bref ce morceau serait devenu légende s’il avait été sur Chronic 2001…
Comme on est sympas et pas avares en cadeau on vous à mis la version de KUSH, remixée par The Game qui ne s’est pas privé pour rajouter un couplet et on ne peut pas dire que celà nous déplaise totalement. On voudrait presque que cette version paraisse sur l’album !
Est venu ensuite le 2nd single, I need a Doctor, complètement différent. Cette fois-ci l’instru paraît plus actuelle, on dirait presque un truc d’adolescente mais en regardant bien on trouve beaucoup de bon points à ce morceau. La présence d’Eminem en est un important, à tel point qu’on croirait écouter un morceau de son album. Au même titre que Snoop Dogg on a du mal a dissocier Dr Dre du Real Slim Shady. Ça tombe plutôt bien parce qu’il pose sur les deux premiers couplets du morceau et on peut dire qu’il le fait relativement bien. Pour ce qui est du refrain, la mode actuelle veut que ce soit chanté… Soit ! En grand producteur qu’il est, Dr Dre n’a pas fait l’erreur d’utiliser une 2nde fois la voie nasillarde d’un Akon ou celle voice-codé d’un Lil Wayne. C’est la jeune Skylar Grey (la même qu’on entend partout avec Diddy dans Coming Home) qui a décroché le rôle et c’est assez réussi avec du recul. Enfin la grande satisfaction, pour ma part, se situe dans les paroles. Pas de Weed, pas de M**herF**k, pas de bimbos qui gaspillent du champ’ à s’en faire couler entre les boobs… Bref un vrai texte, relativement intéressant et surtout particulièrement sincère qui fait plaisir à écouter et qui nous montre que même chez les Gangsters y’a encore des copains et ça c’est vachement cool !
Et comme encore une fois on est sympas, et que ça nous a fait plaisir de voir les deux monuments du rap US en live, et presque sans playback on vous met la vidéo des Grammy ! Soyez patients et laissez passer le début en essayant tout de même d’apprécier la performance vocale de Rihanna qui nous montre qu’elle sait quand même un peu chanter et que même si elle « chante » avec David Guetta, elle reste très agréable à regarder.