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play-ground.fr | May 21, 2013

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Au coeur de l’arrivée du Tour de France

Au coeur de l’arrivée du Tour de France

Une fois de plus, Play-Ground vous emmène au plus près du sport. Après la Coupe du monde de rugby en Nouvelle-Zélande, on a passé la journée de dimanche en plein cœur de la dernière étape du Tour de France 2012.

De l’intérieur, une journée au sein du Tour de France, c’est pas le même rythme que devant la télé. Déjà, ça commence bien avant 14h. Dur. Nous voici donc à 10h à Rambouillet pour le départ de la dernière étape du Tour, qui mène les coureurs vers les Champs-Élysées. Pour se réveiller un peu avant l’ouverture du village départ, on s’installe en terrasse, bien décidés à s’infuser un bon café.

Une matinée bien animée

Le problème c’est que la place principale de Rambouillet résonne déjà des préparatifs de l’émission « Village départ » de France 3. Vous savez, celle où Laurent Luyat accueille des « invités exceptionnels, Mesdames, Messieurs » sortis des placards années 80 ou du fond du répertoire du chargé de prod. Le problème c’est qu’ici, il ne suffit pas d’attraper la télécommande pour l’esquiver, les haut parleurs font en sorte qu’aucun habitant de la ville ne loupe cet évènement télévisuel. Quelle charmante attention.

Vers 11h, les portes s’ouvrent et on peut enfin accéder au village départ, curieux de voir à quoi ressemble ce mythe dont on a tant entendu parler. Après une première rencontre avec deux clowns montés sur un grand bi et des échasses, on tombe sur le premier cliché estampillé Tour de France. Bien installée sur une terrasse ombragée, Geneviève de Fontenay est en représentation. La dame au chapeau, ex-Grand Manitou des Miss France, ne pouvait pas manquer un rendez-vous comme le Tour. D’ailleurs on aurait sûrement été déçus de ne pas l’y croiser.

Le village départ, en lui-même, ressemble à un petit marché du dimanche matin. On y retrouve les stands de tous les partenaires, petits et gros, du Tour de France. Du sponsor maillot jaune au partenaire des plots en plastique en passant par les administrations locales qui accueillent le Tour. Du marché des douceurs à celui du vigneron en passant par le traiteur et le fruitier, on a de quoi se préparer un bon gueuleton avant le départ. D’ailleurs on ne se prive pas pour en enchaînement gaufre, saucisson, crêpe tomate-fromage.

Ce faisant, on déambule de stand en stand, repérant les anciens coureurs que la nostalgie a poussé à rester dans l’entourage du Tour. On assiste à des représentations de clowns, danseurs ou acrobates, le tout savamment mis en scène autour du thème du vélo.

Juste le temps de rendre une petite visite à Poupou et on est prêts à prendre le départ avec la caravane. Poupou c’est Raymond Poulidor, une légende du Tour de France. Toujours placé, jamais gagnant, il a terminé le Tour de France sur le podium à huit reprises, sans jamais réussir à l’emporter. Un record.

… et la caravane passe

À peine embarqués dans la voiture de Brandt, qui nous fait le plaisir de nous accueillir aujourd’hui, on file au milieu d’une foule qui a considérablement grossi dans les rues de Rambouillet. C’est parti pour couvrir la centaine de kilomètres qui nous séparent de la ligne d’arrivée, sur les Champs-Élysées.

Les trois voitures de Brandt sont placées juste derrière une célèbre marque qui distribue ses crackers et autres gâteaux pour l’apéro à la foule massée au bord de la route. Malheureusement, nos hôtes n’ont rien à distribuer, ce qui fait qu’on a un peu l’impression que les gens nous boudent. Comme quoi, le public du vélo n’est pas intéressé que par le sport.

Forcément, sur une centaine de bornes, on assiste à peu près 537 fois à la blague – hyper originale – du mec qui veut faire marrer ses potes en réclamant une machine à laver. Au début ça fait sourire, puis au bout d’un moment, on ne les entend plus. Heureusement, certains trouvent la variante avec « un frigo ! », « un lave-vaisselle ! », voire « des plaques à induction ! ». On se dit que ce dernier vient juste de lâcher le chantier de sa cuisine pour venir voir passer le Tour. La palme de la requête insolite revient quand même à un monsieur qui réclame « Du ketchup ! » en voyant les voitures Brandt passer. Certainement perturbé par la couleur rouge des portières.

On se rend compte en avançant que la ferveur qui nous accompagnait dans la campagne devient moins forte à mesure qu’on approche de Paris. Dans la grande banlieue, les gens sont toujours aussi nombreux mais moins déguisés et semblent clairement faire la tronche aux véhicules qui n’ont rien à distribuer. C’est la crise, on vous dit.

Cette sensation s’accentue à mesure qu’on approche du but. Dans les rues de Paris, la foule est tout aussi compacte, spécialement dans les trois derniers kilomètres, mais le public semble amorphe. Personne n’applaudit et les gens semblent attendre les coureurs. On se rend compte que les chars devant ont arrêté de distribuer leurs échantillons, ce qui n’aide pas non plus à réchauffer les cœurs. Il faut dire aussi que le soleil de 14h cogne sévèrement et que les spectateurs, installés visiblement depuis quelques heures pour avoir une bonne place, ont déjà dû bien en souffrir.

Pour son dernier défilé de l’année, la caravane du Tour de France 2012 s’offre un tour de circuit, passant sur la ligne pour s’offrir un aller-retour sur les Champs-Élysées. On constate en faisant ce tour d’honneur que les Britanniques sont venus en très grand nombre pour encourager Mark Cavendish, grand favori de ce dernier sprint du Tour. Mais ils sont aussi, et surtout, présents pour fêter le sacre de leur « Wiggo » national. Bradley Wiggins, le premier Britannique à s’imposer dans le Tour de France. Il aura fallu attendre la 99ème édition. Plus étonnant, la colonie norvégienne est impressionnante. Bruyante et colorée, elle donne de la voix pour son seul représentant, Edvald Boasson Hagen, le coéquipier des deux précédemment cités. L’équipe Sky court presque à domicile.

Une course de 50 kilomètres

Finalement, il est presque 16h30 quand les coureurs passent pour la première fois sur la ligne d’arrivée. C’est parti pour huit tour de la boucle de 6,5 km dans les rues de Paris. C’est là que la course débute véritablement. Tout le monde a l’air tendu et l’allure a nettement accélérée. Enfin, c’est ce qu’on entend le speaker raconter. Pendant ce temps, on est dans le Tourmalet, juste à côté de l’Izoard. Pyrénées, Alpes, faudrait choisir, me direz-vous. Que nenni, les organisateurs ont donné les noms de ces cols – qui ont marqué l’histoire du Tour de France – aux espaces réservés aux partenaires. On en profite pour se servir au buffet et boire un coup dans cet espèce de bus à trois étages. C’est qu’il est loin le saucisson du village départ.

Subitement, on sent l’ambiance se réchauffer encore un peu plus. Le peloton vient d’entendre la cloche résonner en passant sous la ligne d’arrivée, signe qu’il entame son dernier tour. L’arrivée est imminente. On se précipite alors vers la ligne d’arrivée, histoire d’espérer capter le dénouement du sprint tant attendu. Armés de patience, de ruse et d’un appareil photo, on parvient à voir Mark Cavendish couper la ligne devant son jeune rival Peter Sagan, qui se consolera avec le maillot vert du classement par points.

Un petit tour au milieu des coureurs nous montre que si, depuis le canapé, la dernière étape ressemble plus à un défilé tranquille destiné à fêter les vainqueurs, le final emmené à vive allure par les équipes des sprinters a laissé des traces. Les visages sont aussi marqués par la fatigue et la recherche du second souffle que par la joie d’avoir parcouru ce Tour 2012 jusqu’au bout. Car quel que soit le classement de chacun, venir à bout d’un Tour de France reste un grand accomplissement qui n’est pas à la portée de tous. Chapeau Messieurs.

Pour bien terminer cette journée, on se glisse parmi la foule de journalistes, cameramen et photographes venus des quatre coins du monde pour assister au podium. On regarde vaguement le défilé des remises de trophées par des gens en costard du dimanche jusqu’au tour du maillot blanc du meilleur jeune. Pour l’occasion, pas de costard, de maire ni de PDG d’une grande entreprise mais un Maurice Green en short de basket et T-shirt ample qui se dirige vers l’estrade. Une image décalée et un podium assurément encore plus plaisant pour l’américain Tejay van Garderen.

Un spectateur audacieux tente par la suite de s’incruster lors de la remise du maillot jaune à Bradley Wiggins mais Bernard Hinault monte la garde et éjecte sans ménagement le plaisantin. On ne la lui fait pas à Bernard. Les podiums, il les connait, lui qui reste le dernier Français vainqueur du Tour de France. C’était en 1985. Une éternité.

On retourne finalement au Tourmalet pour boire une dernière coupe et parler vélo et Champs-Élysées avec Cyril Dessel et autres Damien Nazon, anciens coureurs français émérites. Puis il est l’heure de refermer la parenthèse. On se dirige vers le métro, fatigués par cette longue journée mais bien heureux d’avoir pu voir le Tour de près. Et pressés de le partager avec vous.

Dès l’entré du village départ, le ton est donné.

Geneviève de Fontenay sur le Tour de France. On n’a pas plus cliché ? Ah non.

Le village départ est situé dans un cadre plutôt bucolique.

Les invités déambulent entre les stands de fruits frais et les artistes de rue montés sur échasses.

Difficile de résister au « marché des douceurs » à l’heure du petit-dej’.

On y goûte une gaufre montée sur un bâton, comme une sucette. Original.

On croise de sacrés excentriques au village départ.

C’est pas les coureurs qu’elles renversent normalement les voitures France TV ?

Le stand Carrefour arbore fièrement le maillot à pois de Thomas Voeckler.

De même, LCL expose le maillot jaune, vissé sur les épaules de Bradley Wiggins depuis la 7ème étape.

Pendant ce temps, Raymond Poulidor signe des autographes aux fans nostalgiques.

Une foule considérable attend les coureurs qui défileront sur le podium pour signer la feuille de course.

La caravane publicitaire se fraye un chemin dans la foule pour s’élancer une dernière fois sur les routes.

Plus de deux heures avant le départ des coureurs, le public est déjà nombreux à Rambouillet.

La ligne de départ depuis laquelle le peloton va s’élancer pour défiler dans les rues de Rambouillet et filer vers Paris.

Après quelques bornes de balade, la course débute officiellement ici, au kilomètre zéro.

La longue procession de la caravane traverse la forêt de Rambouillet, pas vraiment hyper peuplée…

Au détour d’un virage, on se rend compte que les gens attendent autant la caravane que les coureurs.

Les supporters norvégiens sont venus en nombre et ils le font savoir.

On passe sous la ligne d’arrivée sans même avoir disputé le sprint. Fair play.

Le visage de Wiggins s’affiche jusque sur les T-shirts de ses supporters.

Le maillot jaune n’est pas le seul chouchou des fans britanniques, venus en grand nombre.

Le fameux espace « Tourmalet », qui accueille une partie des partenaires du Tour.

Depuis le pied du Tourmalet, on peut apercevoir les coureurs passer et admirer l’obélisque de la Concorde. Va expliquer ça à un Pyrénéen.

Le maillot jaune de Bradley Wiggins est bien en vue, à l’avant du peloton.

Roi du sprint, Mark Cavendish l’emporte devant le maillot vert de Peter Sagan.

Souriant devant la caméra, Christopher Froome ne se contentera sûrement pas des lunettes jaunes l’année prochaine tant on l’a vu performant.

Tout le monde à pois chez les Voeckler ! À peine arrivé, Thomas Voeckler fête ça en famille.

Pour son premier Tour de France, le jeune Thibaut Pinot termine à une prometteuse dixième place au classement général. De bon augure.

Terminer premier Français au classement, ça ne suffit pas à donner le sourire à Pierre Rolland.

Habitué des podiums, Mark Cavendish vient de remporter sa 23ème étape en cinq participations au Tour de France.

À peine descendu du podium, « le Cav » file au contrôle antidopage, surveillé de près par son petit chaperon roux.

Nul doute que Tejay Van Garderen a apprécié de recevoir son maillot blanc de meilleur jeune de mains du sprinter Maurice Greene.

Par contre, on n’est pas convaincus que « le Pitbull » ait autant kiffé la conversation du Monsieur à la veste bleue…

Pour avoir terminé le Tour au courage, avec la main en vrac, Chris Anker Sørensen a reçu le prix du super combatif remis pas notre hôte, Brandt.

Prudent, le Danois cache bien sa main gauche bandée lorsqu’il rentre vers son bus.

Lauréat du maillot à pois de meilleur grimpeur, Thomas Voeckler est le seul Français à monter sur le podium des Champs-Élysées.

Alors que Wiggins enfile son maillot jaune de vainqueur, un intru s’offre son moment de gloire. À noter, la course de Bernard Hinaut, qui le dégagera sèchement.

Alors que les trois premiers du classement général sont sur le podium, une chanteuse d’opéra britannique entonne un violent « God save the Queen ». Nos oreilles en sifflent encore.

Les porteurs des quatre maillots distinctifs posent pour la postérité. Le Tour de France 2012 est terminé. Notre journée aussi.